Notre membre Daniel s’est défié: “Pendant la saison 2019, pour changer des triathlons traditionnels que tout le monde connaît dans notre région, j’avais envie de faire quelque chose de spécial. Et la meilleure façon de terminer la saison était de faire un Half Ironman dans un endroit qui a des conditions proches des conditions extrêmes de Hawaï… mais un endroit quand même presque à portée de main? Alors, le scénario lunaire, un climat subtropical avec une stabilité de température, qui va presque jamais au-delà des 27 degrés, les très connus vents Alisios qui soufflent en provenance du Nord à tout moment, l’humidité toujours présente… Tout ce qu’on aime pour un bon défi, et Lanzarote c’était mon rêve! Arrivé le mercredi soir, installé au sud de l’île à Playa Blanca et à 500 mètres de la ligne d’arrivée, je commence à me rendre compte des conditions météorologiques  pour le départ du samedi! Un vent qui souffle de façon soutenue (ça m’inquiète, même si je savais que ça risquait d’être le cas), une prévision d’augmentation de la force du vent dans les prochains jours, un soleil qui tape à partir de huit heures du matin, mais, pour compenser, un scénario idéal au bord de la mer. Après un jeudi tranquille, le vendredi matin je prends le bus affrété par les organisateurs pour aller au Club La Santa dans le nord de l’île (photos des frères Brownlee et autres qui s’entraînent là-bas pendant l’hiver européen) où on devait aller chercher le dossard. Et ça m’a permis de voir un peu le parcours vélo car le bus a emprunté une partie du parcours. Les 25 premiers kilomètres de ce parcours traversent le Parc Naturel Timanfaya par la Route des Volcans. Je garde l’image, en y repensant, d’une belle route vallonnée qui coupe un champs de lave. Les descriptions du parcours vélo faites par un espagnol dans le bus qui connaissait par cœur ce parcours car il l’avait fait plusieurs années , tout au long du trajet, commencent à créer chez moi comme un vrai défi. Je me rends compte que ses mots ne pourront jamais décrire ce qui nous attendait le lendemain. A mon retour à Playa Blanca, j’ai tout préparé pour le check-in du vélo, et j’ai eu une première surprise: la natation était annulée pour le jour du départ. Alors que la mer était tranquille, tout le monde se demandait pourquoi! Il y avait alerte jaune dans l’archipel à cause des courants de fond. En plus ça allait souffler, et fort! On était prêt! Le samedi matin, après une nuit plutôt tranquille avec un sommeil léger et un peu inquiet (comme toujours avant ces départs, non?), le rituel: yaourt, pain avec un peu de beurre, une banane! Ça ne rentre pas beaucoup, normal. Un petit parcours à pieds vers la zone de transition, à côté de la petite église blanche du village, en passant par la ligne d’arrivée, et voilà les derniers préparatifs: nourriture et chaussures sur le vélo, roues gonflées, sac de transition déposé à sa place: tout est prêt. Vient alors la deuxième surprise concernant l’organisation du départ. Tout le monde se demande comment ça va se faire. Finalement ce sera par numéro de dossard, et toutes les 45 secondes, départ de 10 triathlètes vers la  zone de transition: casque en main et course sur quelques mètres a avant de commencer le défi sur le vélo. Le cœur qui bat plus fort, et les bonnes sensations sont là. Après un petit parcours dans le centre du village, d’un coup, on se retrouve dans l’immense ligne droite vers le Timanfaya. Et c’est à ce moment précis que je me rends compte de la force implacable du vent qui souffle parfaitement aligné avec la direction de la route, mais dans le sens contraire. Quelques palmiers sur le bord de la route, les champs de lave et l’absence de végétation te laissent sur le vélo seul face à toi-même. Une sensation indescriptible qui, heureusement, se transforme en bonnes sensations dans les jambes! Je dépasse pas mal de triathlètes, et je me sens heureux d’ être là ! Par contre, et avec seulement 300 mètres de dénivelé, la première heure se fait avec une vitesse moyenne à peine au-dessus de 23 km/heure. Je suis là pour profiter, et les conditions sont dures pour tout le monde. Les traditionnels “avions” qui normalement te dépassent en vélo ont une vitesse pas beaucoup plus importante que la tienne, et c’est rassurant! Un parcours exigeant et un des plus beaux que j’ai expérimenté, avec un vent changeant à tout moment (dangereuses rafales de côté que j’ai comptées par dizaines pendant le parcours, et le besoin d’avoir le vélo clairement  incliné). J’étais heureux de revenir sur Playa Blanca avec le vent dans le dos, pour après repartir sur la zone du Golfo, au bord des falaises, pour les  30 derniers kilomètres. C’était l’endroit où ça soufflait le plus fort, et, avec les faux plat, le vélo n’avance presque pas! Le retour se fait très très vite, et c’est parti pour la course a pieds. Quatre tours dans un circuit avec une belle esplanade au bord de la mer, une température de 26 degrés et les jambes très lourdes. Je savais que c’était le moment de souffrir. Avec un dénivelé de plus de 200 mètres (je n’en croyais pas ma montre) les 2eme et 3eme tours semblent éternels. Avec l’aide de mes deux enfants et ma copine, qui étaient juste après la dure montée qui se fait en courant seulement la première fois (je reconnais!), je reprends pour le dernier tour et pour terminer ce rêve à Lanzarote! Après le semi-marathon le plus lent de ma vie, j’ai fait 20 minutes de plus que mon temps moyen sur un Half, et 5 heures 28 minutes en tout. J’espère améliorer la prochaine fois que je reviens sur l’ile de Lanzarote. 39eme de mon group d’âge et 325 de la général (748 participants), avec le semi-marathon plus lent de ma vie, avec plus de 20 minutes sur le temps moyenne dans un Half, et  5 heures 28 minutes que j’espère améliorer la prochaine fois que je reviens sur l’ile de Lanzarote, le Ironman 70.3 Made in Paradise. Je reviendrais un jour!”